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Pour ces fêtes de Noël qui approchent à grand pas, quoi de meilleur que de regarder un bon vieux film d’horreur ?

Vous souvenez-vous de ce film incroyable « La Maison du Diable » de Robert Wise ? Réalisateur beaucoup plus connu pour le très coloré et vivant « West side Story ».

 

Le film commence en voix-off, un narrateur anonyme raconte avec délectation les malheurs arrivés dans le castel de Hugh Crain, les morts « accidentelles » successives de ses épouses, accident de calèche pour l’une, chute dans les escaliers pour l’autre, sans parler du sort malheureux de sa fille Abigail, prisonnière des lieux et de son père. Et n’oublions pas cette scène devenue culte ou Abigail vieillit en quelques instants, toujours confinée dans sa chambre d'enfant.

 

Jusqu’à la pendaison (de sa frivole dame de compagnie et héritière à la cuisse trop légère) à l'intriguant escalier métallique de la bibliothèque.

 

Le narrateur, c'est John Markway (Richard Johnson), un docteur en parapsychologie qui a convaincu Luke Sanderson (Russ Tamblyn) neveu de l'actuelle propriétaire de l'accompagner au castel, afin d'y rejoindre deux participantes à son expérience psychique, Eleanor Lance/Nell (Julie Harris) et Théodora/Théo (Claire Bloom), deux femmes qui possèdent selon lui des dons médiumniques et sensitifs hors du commun.

 

Nell, une femme encore jeune qui a passé sa vie à soigner une mère malade, qui ne possède rien, à part la moitié de la voiture, une femme soumise, qui subit les moqueries de sa nièce et la tyrannie de sa sœur, une femme qui va jusqu'à négocier son départ pour le Castel.

 

On pourrait trouver le film trop bavard, trop intériorisé, après tout, le personnage principal du film, c’est la maison ou le castel, ensuite, c'est Nell, qui est mise en avant, on peut lire dans ses pensées comme dans un livre ouvert, elle ressemble à l’héroïne de Psychose, leur fuite en avant pour se refaire une nouvelle vie, loin de la morosité ambiante.

 

La rencontre avec la glaçante madame Dudley, gardienne de l'endroit, dont l'humour froid, si c'est de l'humour, suppose que le castel imprègne le caractère de ceux qui s'en occupe, un lieu maléfique, qui aspire toute vie.

 

Puis celle avec Theo, une femme belle, élégante, très indépendante, télépathe aussi, aux penchants saphiques ?

 

La rencontre avec Markway, dont Nell s'entichera avec rapidité, elle croit à tort que l'empathie et la gentillesse dont il fait preuve à son égard sont de l'amour, et qu'avec Luke et Théo, ils forment une famille

 

Le castel est une demeure malade selon Markway. Et le reste ira crescendo, les scènes nocturnes distillant de la pure terreur, cette force maléfique se déchaînant derrière la porte, ces hurlements de rage avec la question qui nous hante aussi : qu'est-ce qui se cache derrière la porte ? Les pleurs d'un enfant dans la nuit, la voix d'un homme psalmodiant et les rires d'une femme.

 

Pauvre Nell, cible du castel et des autres, comme Théo qui l'a percée à jour, la présentant comme une femme seule à la vie gâchée, à la sexualité immature, effondrée, lorsqu'elle découvre que l'homme de ses rêves, Markway est marié.

 

Comment oublier le groupe de statues, ou, Crain trône, entouré de sa cour de femmes, on ignore par ailleurs qui est la troisième femme du groupe, peut-être la nurse ?

 

Et l'arrivée tonitruante de la très autoritaire madame Markway (Loïs Maxwell – Miss Moneypenny, comme quoi, il y a une vie en dehors de James Bond), moqueuse envers son mari, le professeur a lui aussi son poids à porter, une épouse imperméable au monde du surnaturel, exigeante, prête à dormir dans l'antre du mal : la chambre d'enfant.

 

Comment oublier la scène du salon ou la porte se déforme sous une force inconnue, obligeant Luke à faire face à la réalité du lieu, la fuite de Nell dans l'immense demeure qui la mènera vers le fameux escalier métallique « symbole phallique », mais chancelant, la fuite de madame Markway du coeur maléfique de la maison.

 

Celle de l'escalier ou le professeur sauve Nell d'une chute certaine, une scène à vous ficher le vertige, mais, Nell veut rester, la maison a besoin d'elle comme Abigail qui n'est jamais devenue femme, restant la fille de Hugh Crain à jamais

 

La fin aussi brutale que tragique de Nell, lorsqu'elle évite avec sa voiture madame Markway, fuyant dans la nuit le castel, et heurte l'arbre que jadis le fiacre de la première madame Crain avait percuté, la tuant sur le coup.

 

Le castel a gagné et s’illumine, exprimant une joie malsaine.

 

Réalisation impeccable de Robert Wise, réalisateur très éclectique, aux multiples facettes, il a taillé dans un noir et blanc très sur, un diamant sombre et angoissant,d'après un excellent scénario qui montre, mais n'explique rien, laissant le mot de la fin à Nell, «quand on hante le castel, on le hante seul».

Tag(s) : #Mystère, #Fantastique, #Cinéma
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